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Étoile furtive – Jean-Pierre Richard

Étoile furtive – Jean-Pierre Richard

Avant de dire ou d’écrire quoi que ce soit ; sachez que je me suis délecté de ma lecture.

Un photographe, Antoine Pezner, part au Cameroun dès la fin de la saison des pluies, pour le compte de l’agence de presse qui l’emploie pour photographier le dernier rhinocéros… Cette agence : « lui avait commandé un reportage sur ce pachyderme en voie d’extinction depuis que les Asiatiques avaient attribué à sa corne de puissantes vertus aphrodisiaques ». « Le sergent-chef N’joya confia à Antoine que les gardes avaient reçu l’ordre d’affirmer qu’il ne restait plus un seul rhino au Cameroun afin de décourager les braconniers. Mais cette consigne ne concernait pas les photographes, précisa le sous-officier avec un sourire malicieux, dans la mesure où Antoine s’engageait à ne pas mentionner l’endroit où il avait pris ses photos »…

Comme je le disais, il y a quelques secondes, ce livre m’a énormément plu. Mais, mais, et mais. Il y a un petit « mais », qui ne concerne sûrement que moi et n’a rien à voir avec l’œuvre en elle-même. Pour moi, tout allait bien jusqu’à ce que mes yeux s’arrêtent sur cette phrase : « Le garde forestier se prit d’amitié pour ce Blanc assez fou pour sacrifier tant de temps et d’argent dans le seul dessein d’obtenir quelques clichés d’un rhinocéros noir ».

Ce que je n’aime pas quand je vis un livre qui se passe en Afrique, écrit par un Européen ou un Africain, c’est quand dans les situations où se mêlent la multiculture, on lit très souvent « blanc » ou « noir », comme si les gens n’étaient que « gens » parce que, tout à coup, ils avaient une couleur sur leur peau. À part ce minime bémol, je dois avouer que je ne me suis pas ennuyé du début à la fin. Avant toute chose, j’ai aimé l’écriture de Jean-Pierre Richard, la manière dont il nous conte cette histoire, la précision des scènes. Les mots sont tellement bien choisis et scrupuleusement placés que l’image s’affiche dans nos têtes pendant qu’on se délecte des situations que rencontre le photographe Antoine Pezner.

Ce bouquin peut aussi être pris comme un guide touristique. On fait la connaissance des magiques lieux : « sur le chemin du retour vers Yaoundé où il devait prendre un avion pour Paris, il passa la nuit dans un campement au bord du lac de Lagdo », « avec un sous-officier affecté à la sécurité du parc de Boubandjida ». « Antoine embarquait dans une pirogue cachée par le sergent pisteur sur un bras mort de la rivière Bénoué ». Pour voir les cornes des rhinos et des éléphants, rendez-vous dans « les souks de Khartoum », etc.

 

Le speech :

Le jour où Antoine Pezner, photographe, sauve le dernier rhinocéros du Cameroun, il ne peut imaginer à quel point sa vie va en être bouleversée. Blessé à la cuisse, rapatrié à Paris, condamné à rester cloîtré chez lui, il tourne en rond… jusqu'à ce qu'une inconnue, s'abritant derrière un étrange pseudo – Étoile furtive –, surgisse de l'écran de son ordinateur avant de disparaître après cet ultime message : « Sachez que tous les soirs à cette même heure, je penserai à vous. Vous me manquerez.» Antoine décide alors de traverser le miroir…

Des bords du lac Tchad aux rives de la Garonne, entre manipulation, magie noire et jeu de séduction, Étoile furtive nous entraîne dans un tourbillon hallucinant où se croisent d'énigmatiques et insaisissables personnages. Un véritable plongeon dans un univers hitchcockien, avec la touche de fantaisie de Jean-Pierre Richard.

Extraits :

« Le soir, seul au milieu de mes fétiches en retraite, je me prends à rêver que je suis à la cour du roi d'Abomey ! Saviez-vous que le royaume du Dahomey dont Abomey était la capitale fut durant deux siècles un havre de culture et de tolérance qui rayonnait sur toute l'Afrique ? »

« Je suis persuadé que, même convertis par la force, les Africains continuent en catimini d’honorer leurs dieux »

« C’est un calao, le masque de l’oiseau sacré que portent les danseurs lors des circoncisions et des mariages. Le bec crochu symbolise les organes sexuels de l’homme. Suivant l’orientation du bec choisie par le danseur, la signification change. »

 

Tag(s) : #CHRONIQUES DE LIVRES, #Étoile furtive – Jean-Pierre Richard

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