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Interview de copinage.

L’auteur Daniel Lapierre, qui sortira un nouveau roman pour la rentrée littéraire 2015, aux éditions du Mérite le 1er septembre prochain, a bien accepté de répondre à notre questionnaire de copinage.

Qui est ton écrivain préféré ?

À la question «  Quel est ton écrivain préféré ?», il m’est très difficile de répondre. Ayant fait de la littérature mon métier d’enseignant puis ma passion d’écrivain, je les ai tous aimés et ce sont eux qui m’ont forgé. C’est pourquoi je citerai Montaigne à qui j’ai dû un certain scepticisme, une hygiène d’auto-analyse et la constante recherche de l’essentiel. J’ai aimé les poètes, quels qu’ils fussent sauf délirants, les romanciers du XIX° siècle particulièrement, bref, je dirai tout ce qui implique un certain classicisme.

Parle nous un peu de lui ou de l’oeuvre qui t’a conquis.

Difficile d’être bref sur un tel sujet ! J’ai aimé de Montaigne son humilité, l’absence chez lui de posture, l’érudition étourdissante et surtout « digérée » en même temps qu’une étonnante ouverture d’esprit, laquelle, par exemple, se portant sur les « sauvages » d’Amérique que l’on considérait alors avec toutes les certitudes de la religion, lui fait se demander quel regards ces derniers peuvent porter sur notre propre civilisation. Grand voyageur moi-même, je lui dois d’avoir professé avec lui qu’il n’est pas de meilleure école de la vie que de se frotter aux autres, ce qu’il nomme « le commerce des hommes » et d’être chaque fois parti sans idée préconçue, avec le seul bagage de la curiosité.

Qu’est ce qui t’inspire le plus, quand tu écris, et pourquoi ?

Lorsque j’écris moi-même, je suis inspiré par la quête du « je », qu’il soit le mien ou celui d’un ou d’une autre. Beaucoup de mes œuvres sont d’ailleurs écrites à la première personne et le héros peut en être une femme. J’aime en effet me découvrir moi-même chez les autres et, dans tous ces avatars, tenter de cerner ma permanence, ma part d’humanité. Ce que font mes personnages, ce qu’ils pensent et disent lorsque je leur laisse la bride sur le cou m’éclaire sur mes propres tendances profondes. Je choisis le lieu, le milieu et les y laisse vivre presque à leur guise un moment de leur existence, comme s’ils m’échappaient, l’étincelle de départ m’étant donnée souvent par le hasard d’une confidence.

Quel genre de livre lis-tu ?  

J’ai beaucoup lu et ne lis plus guère d’auteurs contemporains. Tout au plus, rarement, ceux que me fournit le hasard, ce dernier me paraissant tout aussi juste que la notoriété d’un jour parmi l’énorme production contemporaine. Je confesse que j’ai aussi un semblable a priori à l’égard du cinéma contemporain. Je vois sans trop de plaisir l’essence de notre culture se dissoudre dans celle d’Outre-Manche et surtout d’Outre-Atlantique.

Penses tu avoir réussi à écrire une œuvre qui ressemble à ce que tu aimes lire ?  

On ne sera donc pas surpris que je « n’aie pas réussi à écrire une œuvre ». Parce que « réussi » est un bien grand mot et qu’il suppose un effort. J’ai écrit sans effort et sans visée particulière. J’ai écrit par plaisir. Même si j’en vois moi-même, je laisse aux autres le soin de découvrir les points communs à mes différents ouvrages. Arrivé à ce point de ma vie, préférant encore l’écriture à la lecture –jusqu’à quand ?- je puis affirmer en toute humilité que j’écris sans modèle.

As tu déjà été victime du syndrome de la page blanche ? SI oui, peux tu nous le raconter ?

Je n’ai jamais été victime du syndrome de la page blanche. J’ai toujours eu envie de conter quelque histoire, toujours jeté les bases d’un ou de plusieurs récits. Non pas un plan mais les premières pages. A partir de là, l’envie de poursuivre et de faire vivre le ou les personnages qui y sont entrés et de les incarner a fait le reste, à mon rythme, selon les impulsions du désir, sans obligation d’écrire le mot fin plus tôt ou plus tard… Et l’écriture de chacun de mes romans, presque toujours, a couru sur plusieurs années, le plaisir de reprendre des pages lointaines et de les réactualiser, de les peaufiner, l’emportant souvent sur le désir de poursuivre l’intrigue.

Peux-tu nous citer trois livres que tu as hâte de lire ces prochains jours ?

Je suis incapable de répondre à cette question pour les raisons qu’on devine ci-dessus.

Grand prix de l'Académie de Rouen en poésie, Daniel Lapierre, professeur de Lettres, retraité, a publié divers œuvres : romanesques et de circonstance.

Et si seulement... de Daniel Lapierre

Daniel Lapierre : " J’ai toujours eu envie de conter quelque histoire"
Daniel Lapierre : " J’ai toujours eu envie de conter quelque histoire"
Tag(s) : #Daniel Lapierre : " J’ai toujours eu envie de conter quelque histoire", #INTERVIEW

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