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Comme un Américain de Karim Dimechkie

Ce livre s’ouvre avec une petite histoire un peu banale, qui prend corps et sens tout à coup quand on découvre la suite de l’histoire. 

Karim Diemeckie, dès le prologue, nous décrit le décalage entre ce qu’on croit bon pour l’enfant et ce que l’enfant apprécie. Rasheed a fait construire une cabane pour Max, qui ne savait pas quoi en faire :

« imaginer qu’il se trouvait dans un bateau ? Une prison ? Une cachette ? C’était une petite boîte en aggloméré sur pilotis, percée d’une minuscule fenêtre, dotée d’une ouverture circulaire dans le plancher et d’une échelle. Son père avait l’espoir qu’elle révolutionne sa jeunesse et il plaisantait en disant que son fils ne voudrait plus jamais retourner dans leur vraie maison».

Plus loin, Rasheed dit 

« Si j’avais eu ça quand j’étais gosse, j’aurais été trop content. Trop content. Tu es content ? »

Vu l’enthousiasme du père, Max ne pouvait que hocher la tête et dire un Oui à son père, même si c’est clair qu’il ne le pensait pas. Pas du tout.

En gros, dans ce livre, nous sommes dans une histoire d’amour. Une histoire entre un père et son fils. C’est passionnant, ce n’est pas mal construit. C’est globalement sympathique. J’ai apprécié découvrir des expressions qui m’étaient étrangères. J’ai entre autres fait connaissance avec le mot « syndrome de Down » dont souffre Robby, le fils de M. Yang, qui pour s’excuser de son enfant qui passait souvent sonner tout nu chez les Boulos apportait des poires à Rasheed et son fils Max. Oui, j’ignorais jusqu’ici qu’il y avait un autre nom pour désigner la trisomie 21.

Sans hésiter, même pas une seconde, je vous recommande ce livre. 

 

 

Extraits :

« Il vida un tube de dentifrice sur le seuil et guetta l’arrivée d’un intrus. Finalement, comme il avait faim, il décida de rentrer à la maison et tacha son pantalon avec le dentifrice au passage. »

« Vivre de manière si efficace, et pendant si longtemps, à distance intermédiaire, l’avait conduit à se considérer comme une personne indiscernable. Une partie du tout. Il ne rêvait nullement qu’il en soit autrement et s’estimait heureux d’avoir trouvé une telle sécurité. Ce n’était plus une stratégie ni un rôle, mais la manière dont il se percevait… »

 

Le speech :

Max grandit seul avec son père, Rasheed Boulos, sur Marion Street, un quartier à la mixité plutôt joyeuse, entre les affables Yang, une séduisante médecin camerounaise et Coach Tim, l'ami pilier. Amateur de baseball et de burgers, Rasheed refuse de se laisser définir par quelque endroit lointain, parce que "quand on est en Amérique, on est américain". Il a effacé son passé de manière si radicale que Max ne pense jamais à l'interroger.

De sa mère, il ne sait rien, sinon qu'elle a été assassinée par des cambrioleurs à Beyrouth, avant leur fuite vers les Etats-Unis. A 17 ans, Max apprend que son père lui a menti, son arbre généalogique n'a pas été complètement déraciné. Cette révélation bouleverse l'univers du garçon qui n'a d'autre choix que de partir pour Beyrouth, la ville des origines, en quête de sa vérité.

 

L’auteur :

Né aux Etats-Unis, de parents franco-libanais, Karim Dimechkie a enseigné l'anglais à Paris avant d'obtenir une bourse de la fondation Michener pour étudier la littérature à l'Université du Texas, à Austin. Il a remporté plusieurs prix pour ses nouvelles, parues dans différentes revues. Comme un Américain est son premier roman. Il vit aujourd'hui à New York.

Comme un Américain de Karim Dimechkie

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