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Chronique des jours de cendre de Mia Couto

Une fois de plus je me suis laissée porter par l'écriture de Mia Couto, par sa façon de raconter, par son sens des images, son talent pour camper des personnages et dérouler les fils de toutes ces vies qu'ils croisent et emmêlent le temps d'un roman.

 

Avec Chronique des jours de cendre, Mia Couto s'intéresse à un petit village du Mozambique le temps de quelques jours, ceux qui ont précédé et suivi la Révolution des oeillets au Portugal et mené à la fin d'un système colonial qui se mourait tranquillement. Il s'intéresse plus particulièrement à Lourenço, inspecteur de la PIDE (Polícia Internacional e de Defesa do Estado), homme pour le moins instable et déstabilisé, écartelé entre l'image du père décédé sur lequel il apprendra des choses encore plus graves que celles qu'il connaissait, une mère qui le couve et qui ne rêve que de rentrer au Portugal, une tante qu'il juge excentrique et dangereuse parce qu'elle se mêle à tous et pour qui la couleur de la peau n'a aucune importance.

 

Autour d'eux gravitent d'autres personnages qui, d'une façon ou d'une autre, attendent — sans savoir vraiment ce qu'ils attendent au juste — ce 25 avril qui bouleversa l'existence de chacun avec ce qu'il porte en lui d'espoirs et de rêves. Mais aussi de désillusions pour d'autres et même de mort pour certains.

 

Ces jours-là nous sont donc racontés avec le regard sans complaisance d'un écrivain à qui on a commandé ce livre afin de souligner les 25 ans de ce 25 avril inoubliable. Un regard à la fois collé sur le réel (notamment la description d'actes que d'aucuns voudraient bien oublier ou au moins ne jamais voir mentionnés) et un conte mettant en scène des personnages qui ont tout du fabuleux.

 

Un roman grave, comme le sont toujours les romans de Mia Couto, et empreints de poésie, de jeux de mots et de néologismes, comme c'est toujours le cas — pour mon plus grand bonheur.

 

Chronique des jours de cendre est une livre qui révèle des douleurs lancinantes individuelles tout en n'écartant pas celles tout aussi importantes d'un peuple écrasé et blessé.

 

Résumé :

Passeur d'une culture multiforme, Mia Couto est l'inventeur d'une littérature surprenante, à la croisée de l'imaginaire africain et de la langue portugaise.Chronique des jours de cendre est le récit halluciné de douze journées particulières d'avril 1974. Comme en écho à la Révolution des oeillets qui vient d'éclater au Portugal, le Mozambique est en proie à la guérilla et aux derniers soubresauts d'un colonialisme d'autant plus virulent que moribond. Entre Lourenço de Castro, l'inspecteur de la PIDE - la sanguinaire police d'État salazarienne -, et sa jeune tante Irène, devenue folle, rôde le fantôme de Marcelo, le rebelle mulâtre qu'elle a aimé, et qu'il a fait mourir en prison. Pour les Blancs comme pour les Noirs, l'heure des comptes a sonné.Porté par une écriture riche, métissée, et un esprit « magique », ce roman d'une poésie violente nous plonge, entre légendes, superstitions, passé et présent, dans l'univers d'un grand écrivain.

 

 

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